C'est une panne qui n'en a pas l'air : la chaudière fonctionne, brûle normalement, ne signale aucun défaut, et pourtant la maison ne monte plus en température comme avant. Dans une grande partie des cas, le coupable n'est pas l'appareil mais l'eau qui circule dedans, chargée de boues accumulées au fil des années.
D'où viennent les boues
L'eau d'un circuit de chauffage n'est jamais parfaitement neutre : au contact de l'acier des radiateurs et des tuyauteries, elle produit lentement des oxydes de fer, qui se mélangent aux dépôts calcaires et aux résidus d'installation. Le résultat est une vase sombre qui se dépose partout où l'eau circule lentement, c'est à dire d'abord en bas des radiateurs.
Le phénomène touche tous les circuits, mais il va plus vite quand le réseau a pris de l'âge, quand des appoints d'eau répétés ont apporté de l'oxygène, ou quand aucun inhibiteur de corrosion n'a jamais été introduit. Les réseaux anciens sont nombreux dans l'agglomération, des radiateurs en fonte des immeubles du centre de Besançon aux installations d'origine des maisons construites en périphérie dans les années 70 à 90 : c'est un terrain que nous connaissons bien.
Les signes qui ne trompent pas
Le symptôme le plus parlant est le radiateur chaud en haut et froid en bas, alors qu'une purge vient d'être faite. L'air, plus léger que l'eau, occupe le haut ; les boues, plus lourdes, tapissent le bas. Si la purge ne change rien, ce ne sont pas des bulles.
Viennent ensuite l'eau de purge très sombre, presque noire, les bruits de circulation nouveaux, une montée en température de plus en plus lente, et un circulateur qui force. La chaudière elle-même finit par en souffrir : son échangeur s'encrasse, elle chauffe une eau qui circule mal et s'use prématurément.
Ce que change un désembouage
L'opération consiste à nettoyer le circuit entier : une machine est raccordée au réseau et fait circuler l'eau à haute vitesse, radiateur par radiateur, jusqu'à ce qu'elle ressorte claire, avec l'aide d'un produit qui décolle les dépôts. Le circuit est ensuite rincé, remis en eau et protégé par un inhibiteur de corrosion qui retarde la formation de nouvelles boues.
Le bénéfice se sent dès la remise en route : des radiateurs chauds sur toute leur surface, une maison qui atteint sa consigne plus vite, un circuit silencieux, et une chaudière qui travaille dans des conditions normales. C'est aussi un préalable de bon sens avant de remplacer une chaudière : installer un appareil neuf sur un réseau chargé, c'est lui faire hériter du problème dès le premier jour.
Quand se décider
Un désembouage se justifie sur symptômes, pas au calendrier. Si vos radiateurs présentent les signes décrits plus haut, le bon ordre est un diagnostic de circulation d'abord, pour confirmer que les boues sont bien en cause, puis l'opération si elle s'impose. Le déroulé complet, les cas types et les questions fréquentes sont sur notre page désembouage et nettoyage du circuit de chauffage. Et si votre installation approche de sa visite réglementaire, l'entretien annuel est le bon moment pour évoquer l'état du circuit.
Julien Vernier, chauffagiste, SOS Chauffage Besançon.