Chaque hiver, en France, des foyers sont intoxiqués par le monoxyde de carbone, et la période de chauffe en concentre l'essentiel. Ce gaz a une particularité qui le rend redoutable : il ne se voit pas, ne se sent pas, et ne pique ni les yeux ni la gorge. Quand les symptômes apparaissent, l'exposition a déjà eu lieu. La bonne nouvelle, c'est que le risque se maîtrise presque entièrement par l'entretien et quelques réflexes simples.
D'où vient le monoxyde de carbone
Il naît d'une combustion incomplète : un appareil qui brûle du gaz, du fioul, du bois ou du charbon sans assez d'oxygène produit du monoxyde de carbone au lieu du dioxyde de carbone habituel. Trois situations y conduisent : un appareil encrassé ou déréglé, une évacuation des fumées obstruée ou qui tire mal, et un local privé d'air, par exemple quand des grilles de ventilation ont été bouchées pour lutter contre les courants d'air.
L'hiver comtois cumule les facteurs aggravants : les appareils tournent en continu, les logements sont calfeutrés, et les épisodes de redoux humide qui suivent les périodes de gel perturbent le tirage des conduits. C'est précisément dans ces conditions que la ventilation d'un logement ne doit jamais être sacrifiée au confort thermique.
Ce qui protège vraiment
L'entretien annuel de l'appareil. C'est la mesure de fond. Pendant la visite, le professionnel nettoie le corps de chauffe et le brûleur, contrôle l'évacuation des fumées et mesure la combustion, dont le taux de monoxyde de carbone dans l'air ambiant. Un appareil entretenu, correctement ventilé et bien évacué ne produit pas de monoxyde en quantité dangereuse. Le déroulé complet est décrit sur notre page entretien annuel de chaudière.
Le ramonage du conduit. Pour les appareils raccordés à un conduit de cheminée, notamment les chaudières fioul encore répandues autour de Besançon, le conduit doit être ramoné régulièrement par une entreprise spécialisée. Ce n'est pas notre métier, mais c'est le complément indispensable du nôtre : une chaudière fioul révisée sur un conduit obstrué reste dangereuse. Sur ces appareils, notre page dépannage chaudière fioul détaille les points sensibles.
La ventilation du local. Les grilles d'aération d'une pièce où se trouve un appareil à combustion existent pour lui donner son air. Les boucher, même partiellement, même l'hiver, dégrade la combustion. Si des courants d'air vous gênent, la réponse est un réglage de la ventilation, jamais son obturation.
Le détecteur de monoxyde de carbone. Peu coûteux, posé dans la pièce de l'appareil, il est le seul moyen de détection fiable puisque le nez ne sert à rien. Vérifiez sa pile au début de chaque saison de chauffe.
Les réflexes si l'alerte survient
- Aérez immédiatement en ouvrant portes et fenêtres.
- Arrêtez l'appareil à combustion si c'est possible sans vous attarder.
- Faites évacuer tout le monde, y compris les animaux.
- Appelez les secours depuis l'extérieur : le 112.
- Ne réintégrez pas le logement et ne remettez pas l'appareil en route avant un contrôle professionnel.
Des maux de tête ou des nausées qui touchent plusieurs occupants en même temps et s'estompent dehors doivent déclencher les mêmes réflexes, détecteur ou pas.
Le monoxyde de carbone n'est pas une fatalité de l'hiver : c'est un risque d'appareil négligé. Une visite d'entretien avant la saison, un conduit ramoné, des grilles dégagées et un détecteur en état de marche le ramènent à presque rien.
Julien Vernier, chauffagiste, SOS Chauffage Besançon.